Hack Ver Alli - 4 octobre 2019

Logiciels et services publics

Discussion sur les mutations des services publics via leur implémentation numérique.
Autrement dit : comment les logiciels utilisés et mis à dispositions par les services publics reflètent leurs évolutions structurelles ?

1. (19:15 -> 19:20) Introduction: présentation ARN et Hackstub + introduction du sujet

https://hackstub.netlib.re
https://arn-fai.net

2. (19:20 -> 19:35) Tour de parole pour se présenter

Marjo : graphiste / développement web, a des rapport souvent compliqué avec les logiciels des services publics "expérience confuse" en rapport avec sa situation pro
Eric : secrétaire d'ARN, professionnel de la formation et du développement web, confronté à l'informatique dans la fonction publique depuis très longtemps, observe l'inversion du rapport d'anxiété, de l'administration vers l'usager.e. Usager et citoyen. Se pose la question de ce qui est fait des données personnelles et de leur partage, de leur propriété dans les services "publics" ; de la responsabilisation croissante des usagers.
Thomas : formation en droit privé, en charge de l'élaboration de textes mais pas en lien avec l'administration. Usager de l'informatique curieux. "Non seulement les citoyens ignorent le traitement et la protection de leurs informations personnelles mais également la vulnérabilité des données hébergées par les services publics". Espère que la discussion pourra l'éclairer pour la suite.
Hugo : totalement débutant en informatique, vendeur dans le prêt-à-porter et activiste au sein de Sea Shepherd. Se pose de nombreuses questions sur son avenir professionnel et envisage une formation en sécurité informatique. Derrière cela, des préoccupations sur l'usage et le traitement des données personnelles. Surtout là pour la découverte.
Gauthier : Service public de la recherche. Travaille dans un labo de recherche appliquée en robotique allemand. Open Data encouragé mais beaucoup d'usage de Microsoft. Doctorat en robotique à Strasbourg où la gestion des données et outils informatiques dans les Labos est mal (pas) encadrée. Il considère le résultat comme catastrophique : les données et la recherche tombent souvent dans les mains des GAFAM par négligence individuelle, et trop rarement Open Data par manque d'encouragement institutionnel. Citoyen, alerté sur la quête d'efficacité des administrations qui recherchent peut-être moins le respect des droits que les économies.
Vincent : a découvert l'association il y a quelques mois, intéressé par les questions qui y sont posées. A travaillé plus de 15 ans dans l'administration et ses systèmes informatiques. A toujours privilégié les logiciels libres tant que possible, selon la bonne volonté des usager.e.s (p.ex. contre LibreOffice) comme de la hiérarchie.
Jyhem : développeur et fournisseur de services dans le logiciel libre depuis longtemps, membre de nombreuses associations militantes pour le logiciel libre. Aussi usager des services publics ayant assisté à l'évolution technique des guichets numériques. Dans les années 1990, le bureau des impôts était certes un peu paumé mais au moins le rapport humain avec des opérateurs permettait une certaine flexibilité dans le traitement ou l'accès aux informations. Un logiciel doit avoir été développé en prévoyant tous les cas possibles pour permettre cela, "c'est pas possible".
Laurence : Travaille dans un établissement scolaire en tant que documentaliste. Se pose des questions sur les GAFAM et aimerait pouvoir aiguiller des élèves. Se pose des questions sur le sujet des données médicales en particulier.
Eric II : citoyen comme tout le monde et travaille dans le dev d'applications web dans l'éducation nationale.
Valentin : travaille dans le service alternatif aux GAFAM pour les entreprises, associations et particuliers. S'occupe notamment dans ARN pour essayer de contribuer à l'"internet du futur". S'associe aux critiques de la technologie, notamment sur la question des données personnelles.
Ada : travaille avec des personnes en souffrance psychique. ces personnes sont souvent assez désorientées face à l'informatique. Ada s'implique dans beaucoup d'association et autres luttes, pour résister contre l'appropriation de la société par les multinationales.

https://libreto.sans-nuage.fr/hva

3. (19:35 -> 21:15) Partage d’expérience + référence

Pourquoi numériser le service Public ? L'argument de la demande et du gain de temps

L'informatisation des services publics a été forcée avec comme principal argument celui de l'inefficacité et de la lenteur des administrations, critique partagée par les citoyens. Cet argument serait fallacieux, pour dissimuler la limitation des moyens mis-en-œuvre pour le fonctionnement efficace des services.

La dimension économique a aussi été beaucoup mise-en-avant pour favoriser l'informatisation et la "dématérialisation" de l'administration. Cette numérisation a beaucoup d'avantages mais on peut toujours constater que beaucoup d'administrations continuent à dupliquer l'information en version papier afin de "sauvegarder" l'information et de préserver son accès en cas d'indisponibilité.

La "dématérialisation" est un mensonge qui masque la matérialité de l'informatique (datacenters, ordinateurs, cables, etc.). Elle a notamment provoqué une augmentation de la consommation énergétique... on retrouve aussi ce paradoxe dans les déchets informatiques.

Un argument principal était celui de la collaboration.

Sécurité des données confiées aux services publics

La question de la sécurité des données est préoccupante. Plusieurs exemples en attestent : récemment, une fuite de données sur la plateforme de Pôle Emploi a exposé les données de millions de demandeurs.

Déplacement d'une part du travail vers l'usager

Glissement sémantique du "service public" vers "usagers du service public". On est de plus en plus ammené à faire le travail soi même comme dans les supermarché où on a des caisses automatiques. Par exemple : la saisie des infos est aujourd'hui délégué aux usagers.

La responsabilité des informations saisies est désormais déporté sur l'usager.

Déshumanisation

Les chatbot (par exemple celui de la sncf) sont sensibles aux biais de conception et d'entrées.
Ces chatbots sont souvent sous-traités à des multinationales comme IBM, ce qui pose la question de la propriété et la transmission des données à des tiers peu transparents...

Sécurité sociale

ameli.fr exige le stockage de données par cookies et transmet les informations statistiques à des "partenaires" tiers comme Xiti (ATInternet statistiques) ou Double Click (Régie publicitaire).

Le service AT Internet doit être intégré sur tous les sites publics nationaux. Il permet au services du premier ministre de suivre les statistiques de l'ensemble des sites.

L'assemblée se pose la question de l'alternative possible par exemple un ou plusieurs matomo (logiciel libre de statistique compatible RGPD) à l'échelle national.

Le site d'ameli.fr ne semble pas en conformité RGPD il n'est pas possible de refuser facilement les trackers de la régie Double Click (Google) par exemple.

Capital informationnel et pouvoir
La collecte d'informations personnelles, même purement statistique et "anonyme", offre un capital colossal aux entreprises missionnées par l'État ou les collectivités. Cette sous-traitance offre

Ex : à Berlin, les statistiques d'usage des transports en commun sont collectées à la main car il n'y a pas de portiques à l'entrée, ce qui les rend parfaitement anonymes.

Question de la souveraineté

On note que plusieurs administrations sont à contre-pied et internalise par exemple en créant leur propre datacenter dans un objectif de souveraineté et de pérennité.

Numérique et éducation nationale

Les élèves utilisent rapidement d'autres outils et ressources que ceux proposés sur place.

GAR: Gestionnaire d'Accès aux Ressources. Les ressources sont réalisés par des éditeurs privés. Deux cas de figure dans l'accès et la protection des données : le contrat et la pratique. En l'occurrence, même le ministère déroge à ses propres recommandations dans l'usage des outils et privilégie parfois des services privés plus populaires.

L'usage par les services publics de plateformes privées forcent les usagers à s'y inscrire.

Dans beaucoup d'administration le service communication gère le site (alors qu'on pourrait s'attendre que ce soit le service informatique).

L'EN a de forte réduction sur les services informatique de Microsoft (Office 365).

Il y a une répartition des compétences entre l'état et les collectivités territoriales.

Problématique des boites mails dans l'EN, l'option de transfert permet de transférer vers des adresses privées. Les emails échangés peuvent contenir des tableurs avec des données personnelles.

Algorithms : Weapon of Math Destruction (Cathy O'Neil)

Idées de problématique / questions pour relancer le débat:

https://www.service-public.fr/

Scolarité

On peut trouver des choses ici : https://april.org/les_podcasts_libre_a_vous?